You make a fool of death with your beauty (Mircalla)
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Mircalla Mondover
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▲ DERRIERE LE MASQUE

Visage : Eva Gorgeous Green
Date d'Arrivée : 29/05/2018
capricieuse faucheuse

Mar 29 Mai - 20:23
Mircalla Mondover
I thought I was flying but maybe I'm dying tonight


INFORMATIONS


IDENTITE : Mircalla Mondover, un nom qu'elle s'est choisi à sa renaissance. Son identité véritable est perdue sous des années d'abus et de traumatisme, elle doute être elle-même capable de s'en souvenir.
SURNOM : Cali, comme l'a presque toujours appelée Darla. Ça lui plait autant que ça lui déplait, une preuve d'affection et un manque de respect. Elle fait payer ceux qui osent l'utiliser sans y être autorisés.  
ÂGE : 2037 ans, plus ou moins. Elle a perdu le fil des années depuis très longtemps et son année de naissance n'est qu'une arrière pensée. Elle a repris vie en tant que Yaga depuis 1998 ans.  
NAISSANCE : -19 avant JC, en Norvège. Impossible pour elle de dire où exactement, elle n'y est pas revenue depuis près de deux mille ans. Pour autant, une fois là-bas, elle n'a nul doute qu'elle serait capable de reconnaître les terres qui ont vu jouer le plus grand drame de sa vie.
NATIONALITE : Russe, sans trop d'arrières-pensées. Ça ne lui importe que peu, à vrai dire.
OCCUPATION : Chef des Armées et Ministre de la Guerre, elle prend son rôle très au sérieux. Sa plus grande déception est de ne pas avoir de guerre à mener — mais si ça ne tenait qu'à elle, elle enverrait ses troupes éliminer les ennemis de la Royauté sans perdre une seconde.
HABITATION : Une chambre luxueuse au coeur du Kremlin, non loin de celles de ses soeurs. Le décor en est décadent d'opulence, la pièce est toujours plongée dans la pénombre.
ORIENTATION : Elle ne s'est jamais trop posé la question, elle a souvent eu d'autres préoccupations. Pour autant, le contact physique avec un homme a toujours tendance à réveiller en elle de mauvais souvenirs et à assombrir ses humeurs, alors elle préfère nettement la couche d'une femme.
ETAT CIVIL : Célibataire, et il n'en a jamais été autrement, sauf dans ses souvenirs. Sa seule relation véritable fut avec Darla mais peu, si ce n'est personne, n'est au courant.
RNER : RY-19-01
ESPECE : Yaga de la Mort

GROUPE : Tirany
BRANCHES : PERVYY/VTOROY
AVATAR : Eva Gorgeous Green (Avatar : SIGYN

WHO YOU ARE Elle a trente-sept ans lorsqu’elle renaît, au début du premier siècle après Jésus-Christ. Elle a l’impression de mourir. Pendant un instant, elle se demande si ce n’est pas le cas — son heure est largement passée, après tout, et elle se doute que si elle ne vient pas ce soir-là, alors elle viendra le lendemain. Mais la lame qui est contre sa gorge se plante soudainement dans celle de l’homme au-dessus d’elle, et elle fixe, ébahie, alors que le sang jaillit et éclabousse son corps, et son visage. Le goût est métallique contre ses lèvres. L’homme meurt sans un cri, les yeux grands ouverts d’incompréhension, de panique. Il tombe lourdement sur elle et elle se défait de lui viscéralement, ramenant comme elle peut les guêtres qui servent à la couvrir sur sa forme nue. Un autre homme se précipite dans la pièce, hache à la main, et elle prend peur. Certainement, c’est bien là le moment de sa mort. Elle le fixe, alors, les membres tremblants mais l’âme rebelle. Il s’arrête. Elle peut lire l’incompréhension dans son regard, alors que sa main, prête à lancer la hache, se retourne contre lui. Elle voit la terreur alors qu’il se tranche la gorge avec la lame. Elle retient son souffle. Elle a l’impression d’avoir un feu dans les veines et lorsqu’elle se relève, elle se sent forte. Elle ne comprend pas ce qu’il se passe, mais dehors, les gens meurent, et le sang jonche les rues. Une bâtisse prend feu et elle regarde, elle regarde alors que le jarl se jette dedans, suivi de sa femme et de ses enfants. Elle ne peut s’empêcher de rire. Elle ne comprend pas, mais elle est libre ; elle est libre, et elle ne cessera jamais de remercier les dieux pour ce miracle.

Il lui faut plusieurs jours pour comprendre que ce phénomène vient d’elle. Plusieurs jours pour comprendre qu’il suit sa colère, sa haine, et qu’elle laisse derrière elle des morts, des villages dévastés. Ça l’enivre. Le goût du sang est addictif. Elle ne sait pas bien ce qui a causé ces soudains pouvoirs mais elle ne se pose pas trop de questions, pas quand elle peut ravager sa terre natale et leur faire payer leurs crimes, les années d’horreur et de désespoir. Plus jamais, se promet-elle, plus jamais ne sera-t-elle à la merci d’une autre personne.

C’est Darla qui lui apprend ce qu’elle est, qui lui apprend à se maîtriser — qui lui apprend à vivre. Près de deux siècles et il suffit d’un regard pour pousser un homme au suicide. Un regard et il s’ouvre les veines, ou il s’immole par le feu, ou il se jette à la mer. C’est presque trop. Plutôt que de se calmer, sa soif de sang grandit, et elle part; elle part là où elle pourra détruire des peuples et pousser ses pouvoirs jusque dans leurs derniers retranchements.

Aujourd’hui, elle connait ses limites. Elle sait à partir de quel moment son nez commence à saigner, puis ses oreilles, et ses yeux. Elle sait lorsqu’elle va s’évanouir. Ça ne l’empêche pas de jouer avec la ligne. Elle a toujours aimé la destruction, Mircalla, la sienne ou celle des autres ; et la seule mort acceptable pour elle serait celle causée par l’abus de ses dons. Tant qu’elle peut emporter l’Humanité avec elle, rien d’autre n’a d’importance.

WHO YOU SHOULD BE Il est simple de limiter Mircalla au monstre qu’elle est. C’est, après tout, l’image qu’elle cultive. Une bête sans âme, uniquement intéressée par la fin de l’Humanité, par la disparition de ces insectes qu’elle se plaît tant à haïr. La vérité est plus complexe, plus cachée, plus délicate. Elle les déteste, oui. La haine est son trait de caractère principal, parce que c’est simple, parce que ça lui réchauffe les entrailles et que ça lui donne une excuse parfaite pour ce qu’elle est. La colère l’emporte facilement, et elle n’apprécie guère lorsque les choses ne vont pas de son côté. Elle est inconsciente, peut-être. Parce qu’elle n’a que faire des conséquences de ses actes, n’a que faire de ce qu’on peut bien penser d’elle — sauf, peut-être, quelques personnes dont l’avis importe. Elle est volatile, et elle le sait, mais ses humeurs ne sont pas toujours dirigées contre les autres. Elle les déteste, oui, mais elle se déteste aussi. Elle maudit sa faiblesse, ces souvenirs qui la hantent et qui troublent ses nuits. Elle maudit son incapacité à rester loin de ses soeurs, à faire ce qu’elle considère être nécessaire. Elle s’est promis de ne plus rien devoir à personne, de ne plus jamais se soumettre mais ce n’est pas le cas — ce n’a jamais été le cas. Elle est l’esclave de sa colère, de ses pulsions, d’abord, puis de Darla, ensuite. Parce que malgré tout ce qu’il s’est passé, c’est toujours vers elle qu’elle revient et elle ne peut s’empêcher de se maudire ; de la maudire. Le pouvoir qu’elle a n’est qu’illusoire, et dans ses plus sombres moments, elle ne peut que s’en rendre compte. C’est sans fin, parce qu’ils reviennent toujours, comme le remord ; parce que Darla refuse de les exterminer et qu’elle, comme la faible qu’elle est, qu’elle a toujours été, elle l’écoute. Parce qu’elle est plus âgée, qu’elle sait, peut-être — parce qu’il y a toujours cette affection qui lui prend les tripes et le coeur et que malgré toute sa bravoure, toute sa défiance, elle est incapable d’aller à l’encontre de celle qui lui a redonné vie.
Mais elle est brillante, Mircalla, malgré sa noirceur, malgré sa haine — des autres, et d’elle-même. Elle est stratège, elle est éduquée, et elle a mené tellement de guerres que c’est devenu comme une deuxième nature chez elle. Tout est un conflit qu’elle se doit de gagner, qu’importe le moyen. Alors, elle manipule, elle cajole, elle persuade, mettant un masque sur le démon, un sourire sur l’obsession et elle rit, elle rit, elle rit parce que c’est elle qui aura le dernier mot, et que dans sa folie, elle ne se rend pas compte qu’il ne s’agit plus de gagner — que c’est elle qui perd depuis le début.

WHO YOU WANT TO BE Elle chérit sa place au Gouvernement. Elle est l’une des têtes de l’hydre, la plus dangereuse pour la nation, peut-être. La paix ne l’intéresse pas, pas tant que leur sol sera souillé des humains et de leur laideur. Elle veut voir le monde brûler, à nouveau — c’est un spectacle dont elle ne se lasse pas. Elle se fiche de comment y arriver. Elle a un plaisir malsain à les voir s’entretuer, alors elle cultive leur haine. Pour autant, elle respecte trop sa soeur pour faire entièrement ce qu’il lui plaît. Leurs décisions se prennent à l’unanimité, et si Jezabel n’est pas difficile à persuader, Darla est une autre histoire. Alors, même si la Royauté ne lui importe que peu, elle est importante pour Darla — alors elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour la protéger. Pour autant, elle n’abandonne pas l’idée de pouvoir la convaincre d’abandonner ses méthodes pour passer à celles plus violentes de Mircalla. Elle est persuadée que c’est bien la seule façon d’écraser la Rébellion une bonne fois pour toute, de les réduire définitivement au silence. Evidemment, c’est bien plus personnel qu’elle ne le prétend. Son âme vengeresse ne se reposera pas avant d’avoir traqué tous les traîtres, pour les voir mourir de la plus atroce des façons. Elle n’a nul doute qu’avec leurs trois pouvoirs confondus, elle et ses soeurs pourraient faire un spectacle macabre de leur exécution. Ça la rend malade de voir que l’on ose les défier — pire, que des humains pensent avoir le droit de vivre — et elle n’hésitera pas à leur montrer qu’il n’y a que la mort qui les attend. Alors, le Gouvernement n’est pour l’instant qu’une pilule de faux-semblants qu’elle supporte tant bien que mal mais qu’elle ne tient pas dans son coeur — elle ne peut en nier l’utilité pour diriger une nation, mais elle n’a jamais eu l’intention d’être leader de quoi que ce soit.




Dernière édition par Mircalla Mondover le Mar 29 Mai - 22:25, édité 9 fois
Mircalla Mondover
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Mar 29 Mai - 20:24
HISTOIRE
It's written on the mountains, a line that never ends.

I. Near Light

Elle est au centre d’un drame, comme la première fois. Cette fois-ci, pourtant, elle a trente ans de plus, et ce n’est pas elle qui pleure. Non, ce n’est pas son village qui brûle, mais celui d’un autre clan. Elle ne les a jamais rencontrés et la logique voudrait qu’ils ne tombent pas victime de sa vengeance, mais elle est bien trop perturbée pour réfléchir à qui mérite ou non. Tous les vikings méritent sa haine. Ils sont tous coupables, par leurs valeurs, par leur inactivité, par leur cruauté. Par leur laideur. Alors cette fois-ci ce n’est pas elle la victime, c’est eux, et si elle pleure, ce sont des larmes de rire. Parce qu’il y a quelques mois encore, elle était enchaînée à un mur, à subir les agressions des hommes qui la gardaient captive, à subir les humiliations de leurs femmes. Aujourd’hui c’est elle qui les contrôle, et c’est elle qui les humilie alors qu’ils semblent redoubler d’imagination pour se donner la mort. Les maisons sont en feu et elle contemple alors qu’ils se jettent dedans sans pouvoir s’en empêcher, les yeux écarquillés d’horreur. Elle se repaît de leurs cris, de leur désespoir, et elle rit, elle rit parce que les dieux sont enfin venus à son aide.

Il faut une heure, peut-être deux, pour que les cris se taisent enfin et elle s’écroule au milieu du square, épuisée. Les larmes sont ensanglantées, et ses poumons brûlent à chaque inspiration, mais ce n’est qu’un faible prix à payer pour ce qu’elle est capable de faire en échange. Qu’importe si elle se tue à petit feu, elle emportera ces monstres avec elle, et avec leur mort peu honorable, ils rejoindront Hela et seront bannis du Banquet. C’est l’insulte suprême, celle qui la fait jubiler encore alors qu’elle peine à se tenir assise.

Il y a une ombre qui se dessine à travers les ruines, la fumée, et elle relève la tête vivement, une soudaine peur s’emparant de son coeur. La colère est là, toujours, et elle fixe la silhouette, les yeux brûlants, le visage déformé par une grimace. Elle a l’impression que son cerveau va exploser mais il faut qu’elle la tue, cette forme, elle refuse de se laisser approcher. La frustration la gagne et ses oreilles sifflent, saignent, alors qu’elle s’obstine. Elle est à bout de force, et l’ombre apparait enfin à ses yeux, entière, vivante. Elle n’a pas le profil de son peuple, cette femme, mais elle effraie Mircalla parce qu’elle est encore là, debout, devant elle. Désespérément, elle se recule, ses mains s’ouvrant sur les pierres alors qu’elle rampe en arrière. Son esprit n’est que panique, peur, et rage, mais soudain tout s’éclaire et elle lâche un souffle. Son coeur se calme, et elle s’écroule une nouvelle fois, les yeux fixés sur le ciel obscurcit par la fumée. Sa dernière pensée avant de s’évanouir va à cette femme, qu’elle devine avoir des dons similaires.

II. Piece of my Heart

C’est Darla qui la calme, comme toujours. Elle n’utilise pas toujours ses pouvoirs. Il y a d’autres moyens de distraction, tout aussi efficaces — parfois même plus — et Mircalla s’y laisse prendre, à chaque fois. D’une main lente, qu’elle veut délicate, elle trace la courbe de la blonde, appréciant le grain de sa peau sous la pulpe de ses doigts. Il a fallu de nombreux mois pour qu’elle accepte d’être touchée, pour qu’elle comprenne que le contact n’amenait pas toujours de la douleur. C’est ironique, pour quelqu’un qui n’a pas eu le loisir d’être seule pendant des décennies, de se trouver être aussi touch-starved. C’est bien ce qui la séduit de le plus, la délicatesse avec laquelle Mia se saisit de son visage, parfois, la douceur avec laquelle elle caresse ses joues. Ça ne cesse de la surprendre, aujourd’hui encore, des décennies plus tard. Tout lui semble être éphémère, une énième manipulation qui se terminera dans la douleur, comme toujours. Il y a toujours cette partie d’elle qui reste sur ses gardes, qui refuse de s’abandonner, de croire. L’espoir ne fait pas partie de son vocabulaire.

Mais elle essaie, parce que Mia n’a été que d’un grand soutien, la portant à travers les crises de colère, l’hystérie et les cauchemars, sans jamais rien demander en échange. C’est grâce à elle qu’elle comprend enfin ce qu’elle est, et qu’elle apprend à se maîtriser — plus ou moins. Ses humeurs sont fluctuantes, surtout au contact des autres. L’autarcie lui convient bien — sous peine de couvrir la terre de sang, comme elle en rêve la nuit, comme ses pulsions lui crient de le faire. Mais elle ne supporte pas voir la déception sur le visage de Darla, alors elle intériorise, et elle fait couler son propre sang à la place.

Sentant un regard sur elle, elle relève les yeux vers Darla, et sa main se fige sur la hanche de la blonde. La tendresse de ses yeux la met mal à l’aise, et elle baisse la tête, regardant sa peau, plutôt, déglutissant. Elle aimerait être aussi avancée que Mia, elle aimerait pouvoir dire qu’elle le sera un jour — elle en doute. Ce qui la fait vivre c’est l’envie d’infliger plus de souffrance, plus de mort, et elle se voit difficilement se défaire de ces désirs. « J’ai quelque chose pour toi. » Lui dit-elle finalement, parce que le silence la dérange. Elle glisse hors du lit, jusqu’à la pile de leurs vêtements qui n’avaient pas fait long-feu, la veille. Dans la poche de sa robe, elle extirpe une chaîne. Le métal doré est encore souillé de sang, mais c’est la pierre sertie dans le pendentif qui l’intéresse. Sans attendre, elle revient vers Darla et se glisse contre la tête de lit, juste assez loin derrière elle pour pouvoir attacher la chaîne autour de son cou. Elle s’écarte pour contempler, et trace la gemme rouge sang du bout des doigts, appréciant le contraste sur la peau blanche. « Parfait. » Murmure-t-elle dans un souffle, et elle relève les yeux juste assez vite pour capter la fin d’un sourire. « Je sais ce que tu cherches à faire. » Murmure la jeune femme et elle hausse les sourcils, l’innocence incarnée. « Je ne vois pas de quoi tu veux parler. » Lui répond-elle, avant de se pencher vers elle pour l’interrompre d’un baiser.


Elle part au milieu de la nuit, et c’est comme s’arracher une partie du coeur, mais elle n’a pas trouvé d’autre solution. Elle part sans un au revoir, et elle ne doute pas une seconde qu’elle finira par le regretter, mais son sang brûle dans ses veines et il y a cette rage, cette haine qui l’appelle. Ses mains tremblent et ses yeux se voilent légèrement, mais elle dévaste le premier village qu’elle rencontre et il lui semble qu’elle peut respirer à nouveau.

III. Hunger

Au fil des années, elle apprend qu’il y a plusieurs façons de pousser les humains à leur mort. En arpentant les terres, elle se rend compte que plutôt d’abréger leur existence de façon soudaine — et parfois douloureuse — il est tout aussi intéressant de les pousser à s’entretuer. Elle ne peut pas les pousser à la folie, pas comme sa soeur, mais elle peut les pousser à la violence, jusqu’à la mort. C’est tellement simple, aussi. Les humains sont faibles, monstrueux, et facilement influençables. Alors, du haut de son piédestal, elle se joue d’eux, et elle regarde leurs armées s’entretuer pour un tas de murs et de reliques dorées. C’est peut-être son plus grand succès, jusque-là : les croisades. La bêtise humaine les amena sur les terres sacrées mais c’est bien elle qui les pousse au massacre, jour après jour. Elle n’a que faire de leur religion, de leur ethnie ; leur sang coule de la même façon et elle n’a qu’une envie, c’est de le voir couvrir le sable. Le pire, dans tout ça, c’est qu’elle a à peine le besoin d’utiliser ses dons. Ils ne semblent que trop heureux de se massacrer mutuellement, et pourquoi ? Pour les bonnes grâces d’un dieu sanglant et vengeur ?

Elle est là lorsque Jérusalem tombe aux mains des Occidentaux, et elle est là lorsqu’ils avancent dans le désert jusqu’à l’ennemi, les observant mourir avec un sourire aux lèvres et une lueur dans les yeux. Son obsession avec eux ne fait que grandir, et elle profite de ces temps troubles pour parfaire son éducation et pour apprendre à manier tout type d’arme imaginable. Elle ne veut pas douter des Dieux mais ils pourraient lui enlever ses dons aussi vite qu’ils les lui ont donnés, et elle craint de se retrouver à nouveau sans défense — plus jamais, se dit-elle. Alors elle apprend à se battre, et elle apprend que donner la mort a une saveur beaucoup plus addictive lorsque c’est intime, lorsque c’est sa lame qui plonge dans les entrailles de ces vauriens et qu’elle peut les regarder dans les yeux alors qu’ils meurent, et qu’ils savent que c’est elle qui les a tués. Il n’y a rien de plus doux que de sentir le sang brûlant couler contre la main qui tient l’épée et que de voir la lueur quitter leurs yeux définitivement — qu’ils rejoignent leur dieu si ça leur fait plaisir, qu’ils meurent pour lui encore et encore, elle se fera un plaisir de les envoyer en enfers.

IV. Turning Tables

Ce sont les murmures d’un mauvais sort qui la ramènent en Europe, la vue de dizaines de pèlerins venant sur les terres saintes dans l’espoir de se débarrasser d’une malédiction. Elle remonte la piste jusqu’à l’Ecosse, et jusqu’à la vue, délicieuse, d’une autre comme elle. Elle devient comme Mia à son tour, le guide inespéré d’une âme non pas torturée, mais cruelle. La différence est qu’elle ne sera jamais comme la blonde ; sa patience est trop limitée, son coeur trop noir, et sa confiance impossible à gagner. Elle est en train d’échouer, elle le sait. Silencieusement, elle ne peut que contempler la forme de Jezabel, sans pouvoir s’empêcher de penser qu’elle est en train de faire une erreur. Mais la rousse est comme elle, ou presque. Elle ne veut pas leur mort mais elle veut leur soumission — et Mircalla peut comprendre le besoin de les sentir sous leurs pieds, mais c’est toujours plus que ce qu’ils méritent. Pour autant, leur haine mutuelle n’est pas suffisante. La rousse est beaucoup trop prône à ses sauts d’humeurs et les dons restent bruts, sauvages. Mircalla n’est pas à la hauteur, et elle n’a même pas la prétention de l’être. Malgré l’égo, malgré cette rancoeur qu’elle a à l’encontre de Mia, elle sait que c’est bien la seule à avoir la patience, la force d’enseigner à quelqu’un d’autre.

C’est à contre-coeur qu’elle s’assoit à son bureau, un soir, les doigts tremblants sur un parchemin vierge. Elle aimerait faire preuve de l’irresponsabilité qui la caractérise mais au-delà de la satisfaction immédiate, elle ne peut que voir plus loin. Elles sont trois, à présent, et cela veut dire que dans un millénaire, elles seront quatre. Les possibilités semblent infinies. Jezabel partage presque son point de vue, et peut-être qu’à deux, elles peuvent persuader Damia. Peut-être que plus tard, à quatre, elles renverseront le monde et le débarrasseront enfin de la vermine qui l’occupe. Il serait stupide de ne pas essayer. Alors, elle prend la plume, et couche quelques phrases sur papier. Elle sait ce à quoi elle est en train de renoncer, elle sait que jusqu’à réussir à persuader Damia, ce sera la fin de ses rêves sanglants, mais c’est un mal nécessaire — tout du moins elle préfère le croire. Elle signe avec ardeur, et plie la lettre sans prendre le soin de la relire, sans se laisser le temps de questionner sa décision. Elle libère son faucon, fier oiseau qui la suit depuis quelques années déjà, dérobé à un Lord vieillissant à Jérusalem. « Trouve-la. » Lui murmure-t-elle avant de le lâcher par la fenêtre, regardant sa silhouette jusqu’à ce qu’elle disparaisse à l’horizon. Elle n’a nul doute que l’oiseau trouvera sa soeur, la magie les liant semblant parfois transcender certaines lois naturelles.

Elle va alors chercher Jezabel et contemple, un instant, sa forme délicate. Elle est entourée d’esclaves, la rousse, et Mircalla grimace légèrement. Elle ne fait pas confiance aux humains, même s’ils ont un collier autour du coup. « Prépare-toi, nous partons pour la Russie. » Lui dit-elle, bras croisés sur sa poitrine. Elle ne manque pas l’expression de soulagement qui passe sur le visage de ces humains en chaînes, et elle retient l’instinct de leur montrer les dents. Ils cherchent à s’écarter d’elle, autant que leurs liens leur permettent, et elle prend plaisir à les voir ainsi mal à l’aise. « Nous allons retrouver ma soeur. Notre soeur. » Répond-elle à la question silencieuse de Jezabel. Elle se détourne alors, et quitte la pièce sans un autre regard. Elle ne peut qu’appréhender revoir la blonde, elle craint leur premier contact depuis sa fuite lâche sous le couvert de la nuit. Elles savaient toutes deux que cela arriverait, oui, mais ça ne le rend pas moins douloureux.

V. Love and Hate

La seule chose qu’elle a en tête, c’est la forme prostrée de sa soeur. La noirceur causée par le chagrin. Elle n’arrive pas à décider si c’est une expression qui lui plaît. Elle a l’impression qu’enfin, enfin Damia va comprendre son erreur : elle va se rendre compte que les humains ne sont que des vauriens qui n’ont pas leur place sur Terre, ou au moins dans leur état utopique. Qu’il ne peut y avoir de havre de paix pour les créatures tant qu’ils seront là, monstrueux dans leur ignorance. Mais c’est la raison de cette nouvelle froideur qui l’attriste et elle ne peut s’empêcher de regretter la tournure des évènements. Elle ne peut que souhaiter à venger sa soeur, à les détruire, tous autant qu’ils sont, pour venger les créatures. Alors, elle reste agenouillée devant Damia, une main délicate posée sur le genou de la Grecque, cherchant à capter son attention. « Mia … » Murmure-t-elle, cherchant son regard du sien. Son autre main se porte à la joue de la blonde, et elle redirige son attention vers elle. Elle ne sourit pas, la mine grave et l’oeil sombre. « Laisse-moi les venger. » Lui demande-t-elle. Se redressant sur ses genoux, elle attire Damia à elle d’une main sur la nuque et vient presser son front contre le sien, inspirant légèrement son odeur. « Laisse-moi les écraser. Pour eux. Pour nous. » Lui dit-elle encore, les mots qu’un murmure inaudible pour les autres témoins de la scène. Sa réponse n’est qu’un hochement de tête sans bruit contre son crâne et il ne lui faut pas d’autre indication. Se relevant, elle presse ses lèvres contre sa chevelure dans un élan de tendresse qui lui est rare, puis elle tourne les talons, robes volant derrière elle alors qu’elle quitte la pièce, suivie de ses généraux.

C’est comme ça qu’elle se retrouve face aux armées rouges, pieds nus enfoncés dans la terre, l’image de sa soeur profondément ancrée derrière ses yeux. Elle n’a pas de mal à s’abandonner à la colère, à la haine qui lui ravage le corps depuis des siècles déjà. « Tuez-les tous. » Dit-elle à ses soldats, et elle tend la main vers les ennemis, un sourire maniaque aux lèvres. Il ne faut que quelques secondes pour que l’effet se fasse ressentir, et ils retournent les armes contre eux-mêmes. Elle ne prend même pas le temps de jouer avec eux, la seule pensée qui revient étant de les voir mourir. Ils tombent, peu à peu, comme des mouches — décimés par son armée et sa rage — et elle prend les armes à son tour, une lame aiguisée entre les doigts, qu’elle enfonce tour à tour dans les chairs de ses ennemis. Elle tranche une gorge, se retrouve éclaboussée de sang et elle rit alors que les rues se remplissent de cadavres, se retrouvent noyées de rouge. Ils ne sont plus qu’une poignée et elle reprend son souffle. Debout au milieu du carnage, elle termine les dernières dizaines d’une vague de ses pouvoirs, avant de s’écrouler sans force dans les bras de son garde du corps. Elle s’accroche à la forme puissante de l’Obscurias, et se laisse soulever sans rien dire. « Merci … » Murmure-telle dans le cou de la jeune femme, alors qu’elles se dirigent vers le centre de commandement. Derrière elles, les soldats achèvent le reste des vivants.

Ce n’est qu’une fois proche de la tente principale qu’elle se défait de l’Obscurias, reposant un pied tremblant au sol. Prenant appui sur le bras de la jeune femme, elle retourne tant bien que mal au chevet de sa soeur, qui est dans la même position que lorsqu’elle l’avait laissée, quelques heures plus tôt.   « Laissez-nous. » Lâche-t-elle aux êtres présents dans la pièce, d’une voix sans appel. Lorsqu’elles sont seules, elle se laisse tomber à genoux devant elle, faisant peu de cas de son état ensanglanté. Elle attrape les mains de Damia entre les siennes, la peau rougie de sang. « C’est fait. » Murmure-t-elle, et elle cherche une nouvelle fois son regard. « La Russie est à toi. »

VI. Fuel to Fire

Les dires d’une guerre qui ravage l’Europe n’échappe pas à leurs oreilles, et Mircalla, bien sûr, regrette pour la seconde fois de ne pas pouvoir les rejoindre. C’est bien ce qui lui plaît le plus, les guerres humaines où elle peut s’exercer, en exacerbant leur violence, leur colère, et regarder alors qu’ils s’entretuent bêtement. Celle-ci est différente, cependant. Une armée marche vers leurs frontières. Les allemands sont trop fiers, trop gloutons. Cette fois-ci, elle a l’autorisation — l’ordre — de Damia de les arrêter. Mais elle n’est pas inconsciente. L’ennemi a conquis une bonne partie de l’Europe, et leurs espions ont observé leurs méthodes, leurs armes. Ils viennent en force, prêts à envahir la Russie, et elle sait qu’elle ne pourra pas s’épuiser trop longtemps à les dévaster de ses pouvoirs. Alors, plus que jamais, elle se reposera sur son armée — mais pas question pour elle de se réfugier derrière les lignes. Elle n’a pas peur de la mort, Mircalla.

C’est pour cela qu’elle est à genoux devant un autel, quelques heures avant leur départ de Moscou, avec pour seule compagnie l’une de ses Obscurias. Les mots sont familiers sur sa langue, et elle contemple l’idole à l’image de Thor, implorant ses bonnes grâces, implorant la victoire. D’un coup de dague, elle tranche la gorge d’un bouc, récoltant son sang dans un bol. Elle en asperge l’autel, et son propre visage, terminant l’offrande, et la prière. Le rituel effectué, elle se redresse, tourne les talons et prend place à la tête de son armée, jusqu’aux frontières.

Ils attendent les allemands pendant trois jours, piégeant les terres et s’organisant de façon à pouvoir les prendre en étau. Presque toute l’armée russe est avec Mircalla, et elle ne compte pas prendre de risques. Lorsqu’enfin les troupes ennemis apparaissent, elle laisse ses généraux lancer le premier assaut. Elle n’intervient que si certains de leurs bataillons sont en difficultés, juste assez longtemps pour distraire l’ennemi sans pour autant l’alerter d’une présence plus dangereuse. C’est peut-être son égo qui lui donne envie de jouer avec eux comme ça, de leur donner l’impression qu’ils ont une chance — qu’ils pourraient venir à bout des armées surnaturelles. Ce n’est pas le cas, bien sûr. Ses interventions sont discrètes, mais lentement, elles font basculer la bataille en leur faveur. Ses premières cibles sont les blindés ennemis, dont elle fait s’entretuer les soldats. Puis les autres, qui tombent, heure après heure, sous les assauts sans merci de ses bataillons.

Il leur faut trois jours pour venir à bout de l’armée allemande, et de leurs renforts. Leur étau bloque leur seule possibilité de retraite, et enfin, Mircalla se laisse le plaisir, le luxe, de parcourir le champ de bataille. Les allemands sont désespérés, se savent perdus, et c’est d’autant plus amusant de les voir ainsi lutter pour leur vie. Ils sont déjà morts, bien sûr. Mais ce ne sont pas les soldats, qui l’intéressent, c’est ce général qui s’est réfugié dans la dernière maison de ce village frontalier. Il n’est pas seul, bien sûr, mais d’un geste de la main, d’une vague de son aura, une vingtaine de coups de feu retentissent — et il est à sa merci. Ses soldats envahissent le bâtiment, le tiennent en joug alors qu’elle pénètre enfin les lieux, peu dérangée par le chaos sanglant qui les entoure. Les allemands jonchent le sol, le crâne explosé sous la dernière balle qu’ils se sont tirés. Le général tremble et elle sourit. Il reste défiant, fort de son égo, fort de sa supériorité présumée, et elle prend plaisir à le voir grimacer en sa présence. « Sale monstre ! » Lui crie-t-il, crachant à ses pieds. L’un de ses Obscurias lui délivre un coup de crosse dans la mâchoire sans hésiter, et l’homme tombe lourdement au sol. Elle s’accroupit devant lui, attrapant son menton entre ses dents pour le forcer à relever la tête. Le sourire ne quitte pas ses lèvres alors même qu’il lui crache du sang à la figure, et elle ne peut qu’admirer sa force. « Votre Fürher s’est montré un peu trop gourmand, tu ne trouves pas ? » Il reste silencieux, la fusillant du regard. « Dis-moi, as-tu des regrets ? » Il semble surpris de sa demande mais il se reprend bien vite, arrachant son visage à sa prise. « Je regrette de ne pas pouvoir tous vous exterminer. » Elle se relève, alors, et elle lui sourit une nouvelle fois. « Parfait. »

D’un geste de la main, elle renvoie tous les soldats à leur poste. A nouveau, le général semble confus mais elle l’ignore, se tournant vers l’un des Obscurias de sa garde personnelle. « Penses-tu qu’ils reviendront ? Peut-être devrions-nous leur laisser un message, au cas où. » Il semble comprendre, et reste impassible alors qu’il quitte la pièce à son tour. Elle se concentre sur le général une nouvelle fois, semblant pensive. « Tu es courageux. Te décrirais-tu comme l’un des spécimens les plus forts de ta nation ? » Il semble se gonfler d’orgueil, soudainement, et elle se retient de rire de sa bêtise. « Evidemment. Je suis l’un des généraux du Fürher. » Elle croise alors les bras, le regardant avec intérêt. « Il est vrai que tu sembles bien résister à ma présence. Soit. Tu seras mon exemple. » Elle lance un regard vers les deux Obscurias entourant le général, et ils se saisissent de lui, le traînant vers l’extérieur. Elle les suit d’un pas mesuré, saisissant une dague à sa ceinture, et inspectant distraitement son fil alors qu’ils remettent l’allemand à genoux, le défaisant violemment de son uniforme avant d’attacher ses poignets à deux poteaux en bois, juste assez éloignés pour former une croix. Il y a toute l’armée devant eux, ainsi que les rares survivants nazis, agenouillés devant le spectacle. Elle les regarde avec un sourire sinistre, plaçant une main sur l’épaule du général lorsqu’il commence à se débattre. « Assez. Si tu es qui tu prétends être, alors tu seras une offrande parfaite. » A ces mots, il semble paniquer encore plus et elle place la dague sous sa gorge, pressée contre lui. « Cesse, j’ai dit. » Murmure-t-elle à son oreille, avant de s’écarter juste assez pour contempler la chair offerte de son dos. Elle trace une omoplate d’un doigt distrait, la dague fermement tenue dans l’autre main. « Maintenant sois fier de l’honneur qu’il t’est fait. »

Elle porte la dague à son dos et commence à entailler la peau en suivant sa colonne vertébrale. Il se retient de crier, dernière fierté devant le reste de ses hommes, et elle finit la première entaille, satisfaite. « Sais-tu ce que je suis en train de faire ? » Lui demande-t-elle, sur le ton de la conversation. Il jure en allemand, et elle ne peut s’empêcher de rire. « Que connais-tu des Vikings ? » Rajoute-t-elle, et il semble se figer. Elle sourit, et commence la seconde entaille, tout aussi précise que la première. Lorsqu’elle est terminée, elle se penche à nouveau à l’oreille de l’allemand, qui a déjà la respiration lourde. « Ils disent que c’est une erreur de traduction, que ce n'est qu'un mythe, mais ce n’est pas le cas. » Lui murmure-t-elle, comme une confidence. L’homme recommence alors à se débattre, et cette fois-ci elle ne l’en empêche pas. « On m’a dit que vous étiez éduqués. Bien. Alors tu sais qu’il n’y a pas plus grand honneur que d’être sacrifié à la Gloire d’Odin. » Elle s’écarte alors, et tend la main vers l’un des membres de sa garde, qui lui tend une hache. L’objet est millénaire, presque aussi vieux qu’elle, et elle sourit alors qu’elle fait fasse à l’allemand, lui montrant l’arme avec un sourire. « Je l’ai arrachée des mains froides du dernier roi de Norvège. Joli souvenir, tu ne trouves pas ? » Elle lui caresse la joue d’une main ensanglantée et rit alors qu’il cherche à s’écarter, sans y parvenir. « Essaie de ne pas crier. Ne fais pas honte aux Dieux. »

Sans un mot de plus, elle se glisse dans son dos une nouvelle fois, et commence enfin le rituel sanglant. Elle l’a déjà fait, des siècles auparavant, à l’un des derniers descendants de ses premiers bourreaux. C’est toujours aussi violent, aussi barbare, et elle se repaît des cris de sa victime autant que du sang qui lui éclabousse le visage, que des mines horrifiés des soldats allemands — sa propre armée sait qu’il vaut mieux ne rien laisser paraître. Alors après de longues minutes, le général est mort, et sa dépouille trône sur la frontière, les côtes saillantes dans son dos. Elle est presque à bout de souffle mais elle murmure une prière à la gloire d’Odin, avant de faire face aux soldats allemands qui cherchent à se reculer, les visages remplis de terreur. Elle se penche à leur hauteur et murmure dans un allemand parfait. « Allez raconter ce que vous avez vu à votre Fürher. Dites lui que s’il envoie une nouvelle armée pour conquérir la Russie, nous les vaincrons une nouvelle fois. Mais cette fois-ci nous marcherons jusqu’à Berlin et ce sera lui, à la place de votre cher général. » Elle attrape celui qui semble la craindre le moins, les yeux terrifiés mais encore trop bornés, trop fiers, trop supérieurs. Celui qui la regarde comme s’il voulait la tuer. Elle lui sourit. « Vous n’êtes que des insectes. » Sans attendre de réponse, elle porte violemment la hache qu’elle a toujours en main à son cou, et le décapite à moitié. Elle tourne les talons avant même qu’il ne tombe au sol, et repart vers leur centre de commandement. « Que doit-on dire à la Reine ? » Demande le maître de leurs espions, le visage imperturbable. Elle ne lui jette rien de plus qu’un regard. « Dites-lui que le problème est réglé. »

VII. On a Cold Trail

La pénombre semble plus sombre qu’à l’accoutumée et elle est assise à son bureau, un verre à la main. La vodka est douce contre sa langue, mais elle n’est encore pas assez ivre, pas assez détachée. Il y a ce trop plein de sentiments qui la font bouillir, et elle avale le contenu du verre d’une seule traite, avant de s’en resservir un fond. Cela ne fait que quelques jours, tout au plus, depuis la trahison de son garde, de Franz, et de celle des autres, et elle n’arrive toujours pas à s’en remettre. Que Marwe l’évite depuis ces évènements ne l’aide pas, mais elle sait bien pourquoi. L’Obscurias lui avait répété à de nombreuses reprises qu’il ne fallait pas faire confiance à cet homme, qu’il avait d’autres allégeances, mais elle avait préféré ne pas la croire. Elle avait préféré penser à une crise de jalousie sans causes. Elle le regrette amèrement. Mais elle n’assume pas l’échec, alors elle sait qu’il vaut mieux que Marwe attende que ses humeurs passent, au moins un peu. Elle ne sait pas si ça sera un jour le cas.

Damia est dans un état de détresse plus grand que le sien — la trahison plus profonde, plus douloureuse. C’est sa création qui l’a trahie et Mircalla ne peut pas comprendre cette douleur, mais elle peut l’utiliser. C’est la haine encore une fois qui l’anime, qui l’agite, et elle promet leur mort à sa soeur, elle promet de les éliminer de ses propres mains. Mia semble si proche de basculer à jamais de son côté, d’enfin avouer que c’était bien la seule solution que de les réduire en cendres, les annihiler. Il faut frapper fort, et vite, pour qu’ils comprennent qu’elles n’accepteront pas cette dissidence bien longtemps — que le règne de Damia est tout puissant et que rien ne pourra venir le contester.


Mais les années s’écoulent et rien ne change, sauf cette Rébellion qui refuse de mourir, et qui grandit. Mircalla a les mains liées et elle ne peut que bouillir d’impatience, alors que les Ombres semblent progresser dans leur travail. Ce n’est pas eux, pourtant, qui amènent à Mircalla son nouveau jouet, son offrande la plus précieuse. C’est Marwe. Et devant elle se tient maintenant Franz, enchaîné à un mur. Elle avait le plus grand respect pour son Obscurias mais aujourd’hui tout cela est teinté par le goût amer de la trahison. Elle n’a plus de scrupules pour utiliser tous les moyens à sa disposition pour le faire parler — pour mettre la main sur Adda, parce qu’elle a promis à Damia qu’elle lui apporterait sa tête, et elle compte bien tenir sa promesse.





Dernière édition par Mircalla Mondover le Sam 2 Juin - 23:16, édité 11 fois
Darla Rozanova
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Visage : Sarah Paulson
Date d'Arrivée : 03/07/2017
âme tourmentée

Mar 29 Mai - 22:00
OMG. Gnaaaaah ! Gnaaaaah ! Gnaaaaah ! Gnaaaaah !

I LOVE YOU. Rien qu'à lire les débuts de ta fiche, je décède love you love you love you Puis Mircalla, quoi. MIRCALLA. Puis Eva, quoi. EVA. admiration J'ai le tourniii

Je veux tout lire immédiatemeeeeeeeeeeeeeent et jouer immédiatemeeeeeeeeeeeent waaouh waaouh waaouh

Dans tous les cas, bienvenue à toi Buvons ensembles ! Buvons ensembles !
Mircalla Mondover
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▲ DERRIERE LE MASQUE

Visage : Eva Gorgeous Green
Date d'Arrivée : 29/05/2018
capricieuse faucheuse

Mar 29 Mai - 22:17
What a Face

Héhé merci ma belle, j'espère que ça sera à la hauteur de tes attentes Mon chat quand il a

Moi aussi j'ai hâte Gné ! écrire les fiches ça me remplit toujours de motivation Houhou.

CA VA DECHIRER WESH BAAAAAAAAAAAAAAAAAAAJe suis malade dans
Salem's Soul
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▲ DERRIERE LE MASQUE

Visage : Aucun
Date d'Arrivée : 06/05/2017
âme tourmentée

Dim 3 Juin - 10:28
BIENVENUE !
Tu es désormais validé !


Bravo ! Tu viens de terminer ta fiche, et visiblement, tu as créé un personnage de haut vol ! C'est de toute beautey. J'adore l'idée selon laquelle elle a participé à d'anciennes guerres, ça me met en joie. AAAAH ! Tu as très bien cerné Mircalla et j'aime la façon dont tu l'interprètes dans les différentes parties de l'histoire, à chaque fois de nouvelles situations mais toujours viscéralement la même ! love you love you A présent, tu es officiellement l'un des membres du forum, et nous tenons à te dire merci pour nous avoir choisi, et bienvenue parmi nous !!!

Suite à ta validation, n'oublie pas de te rendre en tout premier lieu dans les Registres pour recenser ton personnage dans tous les sujets adéquats ! N'oublie pas non plus d'aller créer ton Dossier, te faire des amis et référencer tes RPs ! Tu peux dès à présent RP dans la Zone de Jeu, mais tu peux également aller Flooder, et créer un ou plusieurs Scénarii ! En bref, vis ta vie et éclate-toi ! N'hésite pas à nous contacter si tu as le moindre soucis !



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